Construction neuve et radon en Suisse : membrane anti-radon ou drainage sous le radier ?

Construire une maison neuve est l'occasion idéale d'intégrer dès le départ des solutions permettant de protéger durablement les occupants contre le radon. Pourtant, cette problématique reste encore méconnue alors qu'elle peut avoir un impact important sur la qualité de l'air intérieur et sur la valeur d'un bien immobilier.
En Suisse, le radon est reconnu comme la première cause de cancer du poumon chez les personnes non-fumeuses et la deuxième cause après le tabagisme. Invisible, inodore et incolore, ce gaz radioactif naturel provient du sous-sol et peut s'infiltrer dans tous les bâtiments construits en contact avec le terrain.
Contrairement à une idée largement répandue, une maison neuve n'est pas automatiquement protégée contre le radon. Une excellente isolation thermique, des performances énergétiques élevées ou une certification Minergie ne garantissent pas une faible concentration de radon. Au contraire, un bâtiment très étanche peut parfois favoriser l'accumulation de ce gaz si aucune mesure spécifique n'a été prévue dès la conception.
La bonne nouvelle est qu'il est beaucoup plus simple, plus efficace et moins coûteux d'intégrer une protection contre le radon pendant la construction que de devoir réaliser un assainissement plusieurs années plus tard.
Pourquoi prévoir une protection contre le radon dès la construction ?
Le radon remonte naturellement du sol sous l'effet des différences de pression entre le terrain et le bâtiment. Il cherche ensuite le moindre passage pour pénétrer dans l'habitation :
fissures des fondations ;
joints de construction ;
passages des conduites techniques ;
gaines électriques ;
évacuations sanitaires ;
drains ;
murs enterrés ;
vide sanitaire.
Une fois à l'intérieur, il peut s'accumuler dans les pièces les moins ventilées, principalement les sous-sols, les caves et les rez-de-chaussée.
Si les protections sont intégrées lors de la construction, leur coût reste relativement faible par rapport au budget global d'une maison. À l'inverse, intervenir après plusieurs années nécessite souvent des investigations plus complexes et des travaux plus coûteux.
Les exigences en Suisse
L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) fixe un niveau de référence de 300 Bq/m³ dans les locaux occupés régulièrement.
Les architectes, ingénieurs et entreprises générales sont aujourd'hui de plus en plus sensibilisés à cette problématique, notamment dans les régions présentant un potentiel radon élevé. Même dans les zones où le potentiel est considéré comme faible, il est recommandé d'intégrer des mesures préventives. Deux maisons voisines peuvent présenter des concentrations très différentes en raison de la qualité de leur construction.
La membrane anti-radon
La membrane anti-radon est une barrière étanche installée sous le radier ou sous la dalle de fondation.
Son objectif est simple : empêcher le radon présent dans le sous-sol de pénétrer dans le bâtiment.
Cette membrane est généralement constituée d'un matériau synthétique à très faible perméabilité aux gaz. Elle est posée sur toute la surface du bâtiment avant le coulage du béton.
Pour être réellement efficace, elle doit être parfaitement continue.
Une attention particulière doit être portée :
aux raccords entre les lés ;
aux angles ;
aux passages de conduites ;
aux évacuations ;
aux gaines techniques ;
aux joints périphériques.
Une seule perforation ou un raccord mal réalisé peut fortement réduire son efficacité.
Les avantages de la membrane anti-radon
La membrane présente plusieurs avantages :
protection passive permanente ;
aucun entretien ;
longue durée de vie ;
coût relativement faible lors d'une construction neuve ;
amélioration de l'étanchéité générale du bâtiment.
Elle constitue aujourd'hui l'une des solutions les plus utilisées lors des constructions neuves.
Les limites de la membrane
Une membrane ne corrige pas les erreurs de mise en œuvre.
Une mauvaise pose, un percement accidentel ou des modifications réalisées plusieurs années après la construction peuvent créer de nouvelles voies d'entrée du radon.
Il est donc essentiel que sa pose soit réalisée avec beaucoup de soin et contrôlée avant le coulage du radier.
Le drainage sous le radier
Le drainage anti-radon repose sur un principe différent.
Plutôt que de bloquer le gaz, il consiste à le récupérer sous la dalle avant qu'il ne pénètre dans le bâtiment.
Un réseau drainant est installé sous le radier et relié à une conduite verticale débouchant à l'extérieur.
Le radon est ainsi évacué naturellement ou, si nécessaire, à l'aide d'un ventilateur spécifique.
Cette technique est particulièrement efficace lorsque le terrain est très perméable ou lorsque le potentiel radon est élevé.
Elle permet également une évolution ultérieure : si les mesures montrent une concentration plus importante que prévu, il est souvent possible d'ajouter simplement un extracteur mécanique sans entreprendre de gros travaux.
Dans de nombreuses constructions modernes, cette approche constitue une excellente sécurité pour l'avenir.



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