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Diagnostic radon : comment détecter le radon dans une habitation et comment fonctionnent les appareils de mesure en Suisse ?

11 oct.
2 min de lecture

Yoan Endres, consultant en radon reconnu par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP)

Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle, invisible, inodore et imperceptible pour l'être humain.


Présent dans le sol et les roches, il peut s'infiltrer dans les bâtiments par les fissures, les fondations ou les passages de conduites, puis s'accumuler dans l'air intérieur.

Dans certaines habitations, les concentrations de radon peuvent atteindre des niveaux susceptibles de présenter un risque pour la santé, notamment en cas d'exposition prolongée.


Mais comment détecter un gaz que l'on ne peut ni voir, ni sentir, ni percevoir ?

Grâce à des appareils électroniques spécialement conçus pour mesurer la radioactivité du radon dans l'air. Ces détecteurs permettent d'identifier sa présence, de mesurer sa concentration et de suivre son évolution au fil du temps.


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1. Comment fonctionne un détecteur électronique de radon ?

Certains détecteurs électroniques de radon utilisent une technologie appelée chambre d'ionisation pulsée, particulièrement adaptée à la mesure des rayonnements alpha.

Contrairement à un appareil qui analyserait directement la composition chimique de l'air, ce type de détecteur mesure les effets des rayonnements émis lors de la désintégration radioactive du radon.


Le principe repose sur quatre étapes.


Étape 1 : le radon pénètre dans l'appareil

Le radon présent dans l'air ambiant pénètre naturellement dans la chambre de mesure du détecteur, principalement par diffusion.

Cette chambre est spécialement conçue pour permettre l'entrée du gaz tout en assurant des conditions adaptées à la détection des rayonnements.


Étape 2 : le radon émet des particules radioactives

Le radon-222, principal isotope du radon rencontré dans les bâtiments, est naturellement instable.

En se désintégrant, il émet une particule alpha, constituée de deux protons et de deux neutrons, et se transforme en un autre élément radioactif.

Cette transformation se produit spontanément et constitue le phénomène physique utilisé pour détecter le radon.


Étape 3 : les particules alpha sont détectées

Lorsqu'une particule alpha traverse l'air contenu dans la chambre de mesure, elle provoque une ionisation, c'est-à-dire qu'elle arrache des électrons aux molécules présentes.

Sous l'effet d'un champ électrique, les charges ainsi produites sont collectées et génèrent une impulsion électrique.

L'électronique du détecteur enregistre et comptabilise ces impulsions.

Plus la concentration de radon est importante, plus le nombre d'impulsions détectées tend à augmenter.


Étape 4 : l'appareil calcule la concentration de radon

À partir du nombre d'impulsions enregistrées, de la durée de mesure et des caractéristiques de calibration du capteur, l'appareil estime la concentration de radon présente dans l'air.

Les résultats sont exprimés en becquerels par mètre cube (Bq/m³), l'unité utilisée en Suisse pour mesurer la concentration d'activité du radon.


Comment interpréter une mesure de 300 Bq/m³ ?

Une concentration de 300 Bq/m³ signifie que l'activité du radon correspond à 300 désintégrations radioactives par seconde dans un mètre cube d'air.


En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) fixe un niveau de référence de 300 Bq/m³ pour la concentration annuelle de radon dans les locaux concernés.


Il est toutefois essentiel de comprendre que la concentration peut varier considérablement au cours d'une même journée, notamment selon la ventilation, les conditions météorologiques et les différences de pression entre le sol et l'intérieur du bâtiment.

 
 
 

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